Syndicat des apiculteurs du Limousin

L’essaimage

Par Roger Chabretou.

Il est coutume de dire en apiculture que la saison en cours est déjà le commencement de la suivante. Deux temps forts marquent cette anticipation: la production d’essaims au printemps et le renouvellement des reines, si nécessaire, en cours et fin de saison.

La production d’essaims passe par l’essaimage artificiel qui est une manipulation assez simple que tout apiculteur devrait maitriser.

Avant toute opération, il convient de sélectionner les souches à multiplier, sur les critères que l’on veut multiplier (douceur, qualité d’hivernage, anecbalie, … etc.).

L’essaimage artificiel permet d’obtenir, sans peine et simplement, des colonies nouvelles. Il est possible aussi avec cette méthode de récupérer les cellules royales en surnombre. La colonie à partir de laquelle on opère doit être fortement peuplée. Elle sera, si nécessaire, stimulée par un apport régulier de petites quantités de sirop et de pâte protéinée si le pollen naturel est absent. La période la plus favorable se situe juste avant la période des essaims naturels, vers la fin avril en Limousin, mais tout dépend de la météo.

  • Essaimage par division et déplacement.

L’essaim artificiel est constitué par trois ou quatre cadres de couvain, dont un ou deux sera « ouvert », avec les abeilles qu’ils portent. On vérifie qu’un cadre au moins est porteur de couvain ouvert avec des oeufs et/ou de larves de moins de 24 heures.

Il faut effectuer la même vérification dans la partie qui reste en place et dont la population est éventuellement resserrée. L’ensemble à déplacer sera logé dans une ruche partitionnée, ou mieux dans une ruchette adaptée au volume du paquet d’abeilles ainsi constitué. Elle est complétée par le secouage de deux à trois cadres d’abeilles puis sera déplacée de trois kilomètres à vol d’oiseau et nourrie.

Dans cette situation, la partie orpheline va lancer un élevage royal. Mais où se trouve la reine? Peu importe, et c’est là un avantage de cette méthode, il n’y a pas à rechercher la reine. Avec l’habitude on repère vite, par l’agitation des ouvrières, la partie orpheline. Trois à quatre jours après il suffit de vérifier la présence d’un élevage royale dans la partie orpheline.

  • Essaimage par division et permutation

La partie division reste inchangée. La ruchette est mise en lieu et place d’une autre ruche qui sera déplacée dans le rucher même, à quelques mètres. Les butineuses de la ruchette retourneront à la souche qui sera moins affaiblie que dans la méthode précédente. Les butineuses de la ruche déplacée renforceront la division qui a pris sa place.

Il est préférable, mais non indispensable, que la reine reste à la souche. Elle pourrait être attaquée par les butineuses qui lui sont étrangères. Toutes ces opérations doivent se faire, bien entendu, par temps favorable et un nourrissement de la partie qui a perdu ses butineuses est indispensable.

La partie orpheline conduit l’élevage et, là aussi, des cellules royales mûres pourront, si besoin, être récupérées. Cette méthode est connue sous le nom de « méthode Vignolle ». Elle donne de bons résultats.

  • Le nourrissement.

Le sirop utilisé au printemps doit être liquide. S’il est fabriqué avec du sucre, il faut un litre d’eau pour un kilo de sucre. S’il est élaboré à partir de sirop de glucose cedernier sera allongé de 50% de son poids en eau (1,5 litres de sirop pour un litre d’eau).

Il faut rester prudent dans les apports de sirop au printemps qui peuvent provoquer des essaimages naturels précoces.

La partie orpheline doit être bien pourvue en pollen. Si tel n’est pas le cas et s’il n’y a pas de récolte, il faudra lui donner une petite galette de pâte protéinée constituée par un mélange de pollen broyé, de sucre glace et de miel. On fabrique, en les roulant, des petits boudins que l’on place entre les cadres d’élevage. L’appareil doit être souple maissuffisamment solide pour ne pas couler.

Le pollen peut être remplacé par un mélange de levure de bière et/ou de farine de soja déshuilée. On trouve dans le commerce spécialisé des mélanges tout prêts assez efficaces et faciles d’emploi.

Le plateau diviseur BARASC. Ce plateau, constitué par une grille à reine et un système d’obturation permet bon nombre d’opérations qui facilitent grandement le travail de division et de recherche de la reine.

Roger Chabretou